Ernest Hemingway, est un écrivain américain figure légendaire de la « lost generation », auteur de Pour qui sonne le glas (1940), qui a fait sa renommée dans le monde entier.
Né à Oak Park (Illinois) en 1899, dans un milieu bourgeois, Ernest Miller Hemingway n'oubliera pas les premières expériences de chasse et de pêche autour de la maison d'été familiale, en pleine nature, qui lui font éprouver une liberté rare dans sa stricte éducation. En 1917, il délaisse les études universitaires pour devenir reporter au Kansas City Star. Exempté du service militaire en raison d’une vue déficiente, il réussit tout de même à prendre part à la première Guerre mondiale, comme il le souhaitait : il devient conducteur d'ambulance sur le front italien pour la Croix-Rouge. Mais il est grièvement blessé par un obus et témoin de la mort de plusieurs compagnons d'armes, expérience qui le marque à jamais. Il vit alors un amour malheureux, et les thèmes mêlés de l'amour et de la guerre se retrouveront dans plusieurs de ses œuvres de fiction.

À la fin de la guerre, Hemingway devient correspondant à Paris du Star de Toronto. C'est là qu'il commence sa carrière littéraire, encouragé par des écrivains américains expatriés comme Ezra Pound et Gertrude Stein. À partir de 1927, il s'installe successivement à Key West (Floride), en Espagne et en Afrique. Pendant la guerre d'Espagne, il retourne dans ce pays comme correspondant de guerre, une fonction qu'il remplira de nouveau durant la seconde Guerre Mondiale (il participe au Débarquement en Normandie du 6 juin 1944). À la fin de la guerre, Hemingway s'installe près de La Havane, à Cuba, puis à Ketchum (Idaho).
Ses récits sont nourris de ses expériences diverses ; personnage excessif, bon vivant, buveur notoire, mais aussi sportif, pêcheur, chasseur et amateur de corrida, il a mené une vie aventureuse où il se plaisait à côtoyer la mort. Dépressif, il se suicide avec une arme à feu le 2 juillet 1961.

Hemingway est l'un des plus grands auteurs de l'entre-deux-guerres. Elliptique, parfois laconique, débarrassé de tout lyrisme, son style est marqué par son expérience du journalisme et par une exigence d'exactitude et de réalisme. Il permet à cet auteur de camper avec force deux catégories de personnages : la première est celle de la « lost generation », une génération d'hommes et de femmes à qui la première Guerre Mondiale a fait perdre toute foi dans les valeurs morales et qui vit avec un désintérêt désespéré tout ce qui ne concerne pas sa propre quête émotionnelle. La seconde catégorie se compose d'aventuriers, de héros au caractère simple et aux émotions intenses, hommes engagés dans la guerre, boxeurs professionnels et toréadors. Hemingway décrit, en évitant l'élucidation psychologique, jugée fallacieuse, la lutte courageuse et dérisoire de ces personnages contre l'état des choses, et en particulier contre la seule réalité inéluctable, la mort.

Parmi les premières œuvres d'Hemingway, il faut citer les recueils de nouvelles telles que Trois Histoires et Dix Poèmes (Three Stories and Ten Poems, 1923), sa toute première publication, De nos jours (In Our Time, 1925), ensemble de nouvelles inspirées de sa jeunesse, ou encore Hommes sans femmes (Men Without Women, 1927). Un peu plus tardif, le recueil Le gagnant ne gagne rien (Winner Take Nothing, 1933) décrit la vie de nécessiteux en Europe. C'est toutefois un roman qui établit sa renommée : Le soleil se lève aussi (The Sun Also Rises, 1926) raconte l'histoire d'Américains et de Britanniques vivant en France et en Espagne. En 1929, Hemingway publie son deuxième grand roman, l'Adieu aux armes (A Farewell to Arms), histoire d'amour sur fond de première Guerre mondiale qui s'achève sur la mort en couches de la femme aimée et souligne l'absurdité de la destinée humaine. Viennent ensuite deux œuvres réalistes, Mort dans l'après-midi (Death in the Afternoon, 1932), recueil de nouvelles sur la tauromachie, et les Vertes Collines d'Afrique (Green Hills of Africa, 1935), ouvrage consacré à la chasse au gros gibier, l'une des passions de l'auteur.

Hemingway a commencé par explorer les thèmes du désespoir et de la défaite ; à partir de la fin des années trente, il porte un intérêt croissant aux problèmes sociaux. Son roman En avoir ou pas (To Have and Have Not, 1937) et son unique pièce de théâtre, la Cinquième Colonne (The Fifth Column, 1938), condamnent avec véhémence les injustices économiques et politiques. Dans le roman Pour qui sonne le glas (For Whom the Bell Tolls, 1940), qui s'inspire de sa récente expérience de la guerre d'Espagne, Hemingway montre que la disparition de la liberté dans un pays, quel qu'il soit, met la liberté en danger dans le monde entier. Ce roman reste son œuvre la plus célèbre. Durant la décennie suivante, il écrit encore un roman, Au-delà du fleuve et sous les arbres (Across the River and into the Trees, 1950,) et, en 1952, le Vieil Homme et la Mer (The Old Man and the Sea), roman puissant et héroïque qui met en scène le combat solitaire d'un vieux pêcheur pour ramener sa proie à terre, combat qui trouve sa justification en lui-même bien plus qu'en son résultat. Ce livre lui vaut le prix Pulitzer (1953). Le dernier texte publié de son vivant est un recueil d'œuvres poétiques (Collected Poems, 1960).
Ses autres écrits ont été publiés à titre posthume : c'est le cas de Paris est une fête (A Moveable Feast, 1964), un récit de ses années parisiennes, de En ligne (By-line, 1967), une sélection d'articles et de dépêches, ou encore de E. H., apprenti reporter (Ernest Hemingway, Club Reporter: Kansas City Star Stories, 1970) et de Îles à la dérive (Islands in the Stream, 1970), un roman sur la mer. Une œuvre inachevée, le Jardin d'Eden (The Garden of Eden), a été publiée en 1986, mais de nombreux manuscrits restent encore à ce jour inédits. Ernest Hemingway a reçu le prix Pulitzer et le prix Nobel de littérature en 1954, pour son œuvre Le Vieil Homme et la Mer.