Simone de Beauvoir (de son vrai nom Jeanne Marie Bertrand de Beauvoir) est née à Paris en 1908 dans une famille aisée et reçoit une éducation bourgeoise, stricte et catholique. Elle se distingue dès son plus jeune âge par ses capacités intellectuelles. La banqueroute de son grand-père maternel, banquier, précipite la famille de Simone de Beauvoir dans le déshonneur et la prive de ressources. Son père cependant lui transmet le goût de la littérature et des études, seuls moyens selon lui de sortir ses filles de leur médiocre condition.

A l'âge de quatorze ans, Simone de Beauvoir devient athée, marquant son émancipation d'avec sa famille, et décide de devenir écrivain. Après son baccalauréat, elle étudie les mathématiques, les lettres et la philosophie. C'est à la faculté des lettres de l'université de Paris qu'elle rencontre Jean-Paul Sartre avec qui elle noue une relation légendaire, « un amour nécessaire » que seule la mort séparera. En 1929, elle est reçue deuxième au concours d'agrégation de philosophie, juste derrière Jean-Paul Sartre.

Simone de Beauvoir est nommée à Marseille tandis que Jean-Paul Sartre est affecté au Havre. Pour faciliter leur rapprochement, il lui propose de l'épouser, mais Simone refuse, car pour elle, « le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales. En modifiant nos rapports avec autrui, il eût fatalement altéré ceux qui existaient entre nous. » Elle parvient néanmoins l'année suivante à se reprocher en obtenant un poste à Rouen. Bisexuelle, Simone de Beauvoir entretient des relations avec certaines de ses élèves, « amours contingentes » que son « pacte » avec Jean-Paul Sarre lui permet de connaître.

Le couple Sartre-Beauvoir est muté à Paris peu avant la guerre. Peu satisfaite par le métier d'enseignant, elle l'abandonne en 1943 pour s'orienter vers une carrière littéraire. Avec Sartre, Raymond Aron, Michel Leiris, Maurice Merleau-Ponty, Boris Vian et d'autres intellectuels de gauche, elle fonde en 1945 la revue Les temps modernes dont le but est de faire connaître l'existentialisme à travers la littérature contemporaine. Grâce à ses romans et essais où elle traite de son engagement pour le communisme, l'athéisme et l'existentialisme, elle obtient son indépendance financière qui lui permet de se consacrer entièrement à l'écriture.
Simone de Beauvoir voyage dans de nombreux pays où elle rencontre des personnalités communistes comme Fidel Castro, Che Guevara, Mao Zedong, Richard Wright.

Elle obtient la notoriété en publiant en 1949 Le Deuxième Sexe, un essai philosophique et féministe, qui devient la référence du féminisme moderne et la révèle comme une grande théoricienne du mouvement de libération de la femme. S'indignant de voir la femme traitée comme un objet érotique, elle décrit une société où la femme est maintenue dans un état d'infériorité et prône « l'égalité dans la différence » et l'émancipation de la femme.

Simone de Beauvoir obtient le prix Goncourt en 1954 avec Les Mandarins, roman qui met en scène des intellectuels parisiens confrontant leurs points de vue sur la société française au sortir de la seconde Guerre mondiale. Il est dédicacé par Nelson Algren, un écrivain communiste américain qui entretient avec Simone une intense relation depuis 1949. À partir de 1958, elle publie une série de récits autobiographiques sur son milieu rempli de préjugés, sur ses efforts pour en sortir, sur sa relation avec Sartre.

Simone de Beauvoir joue un rôle important dans les combats de Gisèle Halimi et Elisabeth Badinter pour la reconnaissance des tortures infligées aux femmes lors de la guerre d'Algérie et pour le droit à l'avortement. En 1971, elle assure la direction de la revue d'extrême gauche, Les Temps Modernes, qu'elle a fondée avec Sartre et d'autres intellectuels en 1945.

Après la mort de Jean-Paul Sartre en 1980, elle fait de Sylvie Le Bon, une jeune étudiante en philosophie connue dans les années 1960, sa fille adoptive et l'héritière de son œuvre littéraire. Simone de Beauvoir partage la même tombe que Jean-Paul Sartre au cimetière Montparnasse.